La Salamandra, c'est notre finca . C'est là que nous apprenons et développons une agriculture naturelle, sans aucun produit. Nous y récoltons nos olives à la main et faisons notre huile à la maison et au moulin.

Je vous propose de découvrir le processus de l'an dernier

Bulletin d’info  

Vous êtes nombreux à nous faire confiance et à nous suivre dans notre nouvelle expérience.

Merci pour cet intérêt qui nous pousse à aller plus loin.

Comme vous le savez, la norme en Andalousie, veut que la récolte commence mi novembre et généralement,  les olives, encore vertes, sont portées au moulin qui en extrait l’huile. Ce procédé se fait avec un minimum de 400 kg d’olives. Nos voisins font la récolte au moyen de bâtons ou, maintenant qu’ils sont modernisés, à l’aide de vibreurs qui secouent les arbres pour en faire tomber les fruits. Les filets remplis de feuilles et d’olives sont emmenés au moulin où tout est trié, pesé, lavé et traité selon différents procédés. 

L’été s’étant attardé sur notre région privée de pluie, les olives nous paraissaient encore fort peu prometteuses en cette période de début de récolte. Nous avons donc patienté et préféré attendre une lune montante lors de laquelle le produit récolté est au top de ce qu’il peut donner.  

Notre oliveraie, totalement naturelle (càd gérée sans aucun produit) était abandonnée depuis au moins 3 ans et nos oliviers sont donc devenus de véritables buissons. La tradition suggère de dégager les arbres de tout ce qui peut générer une baisse de production ou gêner la récolte. Nous restons convaincus que la nature sait mieux que nous ce dont elle a besoin et ne courrons pas après un surcroit de production. Mais bon, l’excès nuit aussi 🙂 

Nous avons donc commencé l’entretien basique de nos arbres en dégageant les mamones (jeunes rameaux qui poussent partout au pied de l’arbre) et les transformons en BRF qui protégera notre  oliveraie de la prochaine sécheresse.  

Nous avons alors été surpris par la pluie et le terrain encore très sec est rapidement devenu impraticable.

Voyant le temps passer, gérant également les fêtes de fin d’année et les amies ou la famille qui avaient fait le voyage pour prendre de nos nouvelles, nous nous sommes aperçus qu’il deviendrait difficile de récolter rien qu’à deux et d’obtenir l’huile de notre finca séparément. Soit, il fallait vraiment se dépêcher pour obtenir la quantité minimale pour avoir une pression séparée, soit nos olives seraient mélangées à celles des autre producteurs, ce que nous ne voulions pas.

Après réflexion, nous avons décidé d’investir les moyens qui nous restaient dans un système de presse à domicile. Le matériel comprend le broyeur à moteur et une presse manuelle basée sur un procédé à l’ancienne.

Nous avons commencé la récolte et la première pression 🙂

Nous avons procédé comme suit : 

Les olives récoltées à la main sont triées. Les feuilles  sont éliminées.

Elles sont ensuite lavées à l’eau naturelle (pas d’eau de distribution), rincées et égouttées.

La phase suivante les conduit dans la broyeuse, d’où sort une espèce de marmelade comprenant les noyaux broyés et la pulpe d’olive.

Il faut alors battre cette matière pendant 30 minutes en maintenant la température à moins de 27 degrés (facile à cette époque ). Ce procédé permet de séparer les molécules d’huile

La pâte ainsi obtenue est alors étendue sur des « capachos » (scourtins), gros disques tressés. Ces capachos sont empilés sur l'axe de la presse.     

Il ne reste plus qu'à presser très délicatement. Le jus ainsi extrait contient l'eau du fruit et l’huile. 

Ce liquide est stocké dans une cuve de décantation. 

Après quelques temps, l’huile, plus légère remonte à la surface et une fois le jus de fruit enlevé, le nectar est mis en bidon ou en fiole de dégustation. 

Quelques jours après nos débuts, notre voisin nous a proposé son aide pour la récolte. Comme la production d’huile à la main a un très faible rendement et aussi pour ne rien dénigrer sans connaître, nous avons également procédé à une pression au moulin de Zahara. Ce moulin acceptait de presser nos olives séparément. Nous avons récolté 256 kg en 3 jours (on est pas arrivé à 400kg) et sommes revenus avec 60L d’huile. 

Au moulin, la procédure se passe ainsi :

Les olives sont débarrassées de leurs feuilles résiduelles pendant leur acheminement au moyen d’un tapis roulant. 

Elles sont pesées, lavées et envoyées dans le broyeur qui les malaxe.

La mouture est envoyée dans une centrifugeuse horizontale qui sépare l’huile et le jus de fruit de la matière.

Ce liquide passe ensuite dans une centrifugeuse verticale qui sépare l’huile    du jus.

L’huile non filtrée est mise en bidon d’un litre. 

Voilà, la saison est terminée et nous nous sommes retrouvés bien tristes de ne plus caresser nos arbres pour en cueillir leurs fruits. Il en reste, ces olives seront pour les oiseaux qui agrémentent notre finca chaque jour.

Nous continuerons à organiser notre terrain au fur et à mesure de nos possibilités.

Notre production est fort limitée cette année et sera meilleure l’an prochain. Chaque pressage réalisé à la maison a permis une remise en question de notre manière de faire afin d’améliorer nos gestes et que chaque étape soit un plaisir. Le plaisir se transmet dans le produit.

Ce fut une formidable expérience .

Merci, merci, merci